Jan 28 2007

Polly want a cracker

phrenologyDuring my spare time, surfing the internet in order to read new posts on blogs held by friends, I was interested in Yseult’s article A crisis of consciousness (still haven’t found the time to post a comment… I just hope to find the strength to do it). I tried to remember what I learned about mind and brain and their whereabouts… and questions like “is language only a function of an organ, or something more”, etc.

And I thought about Jerry Alan Fodor, who is a cognitive scientist currently working at the Rutgers University in New Brunswick, NJ. I wont say much here about him, my point is elsewhere: I happen to remember an article he wrote in February 2004 in Mind & Language, volume 19, named “Having Concepts: a Brief Refutation of the Twentieth Century”. In this article, he wrote: “But this parrot too is pretty certainly dead”. Now I can hear you: what is he saying? quoting Jerry Fodor about a parrot? he certainly is a looney (me, not JF… although…)! We all know that JF likes jokes, but what is the point here? I’ll say: the point is, JF is making a reference to the Monty Python’s N°1 sketch: the pet shop sketch (aka Dead parrot sketch; for those who don’t know what I’m talking about, see here).

And this reminded me of another quote of the same sketch: Mr Praline (played by John Cleese), complaining to the Shopkeeper (played by Michael Palin) about a dead parrot he sold to him just 30 minutes ago: “P I’ll tell you what’s wrong with it. It’s dead, that’s what’s wrong with it. S No, no it’s resting, look! (…) P All right then, if it’s resting I’ll wake it up. (shouts into cage) Hello Polly! I’ve got a nice cuttlefish for you when you wake up, Polly Parrot!”

Now to the point: the name Polly for a parrot is well known in England (who never heard the famous: Polly want a cracker, or Polly wanna cracker, …), but where does it come from? I’m not sure, but I think I just found where: the Ye Olde Cheshire Cheese, a pub located in London, Wine Office Court, 145 Fleet Street (more informations on this pub there and there). So it seem that a famous parrot named Polly lived there from 1876 to 1916; it won his fame by it’s capability to utter insults in many languages, and by the fact that at the celebrations to mark victory at the end of the Great War this wonderful bird manically imitated the popping of – it is said – more than 300 champagne corks before falling dead. Its death was announced on the BBC and it is also said that obituaries appeared in newspapers all over the world. Nice! So, if you’re going to stay in London, don’t forget to visit the Ye Olde Cheshire Cheese pub, to pay homage to this parrot, so famous that his name is used for the whole species! Cheers!

Cheshire


Jan 24 2007

Je me souviens

geneveneigeweb.jpg

Première neige à Genève, avec vue sur le Salève… Il était temps ; après un début janvier qui n’avait rien d’hivernal, c’est presque un réconfort de s’apercevoir que la neige existe encore. Rien à voir – malheureusement – avec les hivers de mon enfance en Valais (le plus mémorable – de mon modeste temps – était en 87, avec plus d’un mètre de neige et -24° C en plaine), mais c’est déjà de quoi permettre aux enfants – et adultes – de s’ébattre joyeusement avec les bonshommes de neige… et pour moi de me souvenir…

“Je me souviens”, la devise du Québec. Il est des terres qui façonnent les gens qui y habitent. Le Québec, comme le Valais, est de ceux-là… des hivers rudes et froids, des printemps souvent mitigés et un peu trop court, des étés chauds traversés d’orages et des automnes de couleur rouille. L’attachement au “pays” y est semblable, bien que pour différentes raisons – montagnes et plaines peut-être. Ces premières neiges genevoises ont eu tôt fait de rappeler à mon bon souvenir Claude Léveillée, chanteur québécois ; deux chansons “hivernales” plus précisément :

Pour quelques arpents de neige Paroles et musique de Claude Léveillée, 1993

Pour quelques arpents de neige
Des amis me sont venus
Pour quelques arpents de neige
Se sont perdus… au pays
Pour quelques arpents de neige
Mes amis se sont battus
Pour quelques arpents de neige
On a pendu au pays

Des sapins bleus
Des érables mouillés
Ont pleuré tous ces gens
Qui s’aimèrent tant
Sur ces quelques arpents
Sur ces quelques arpents

Pour quelques arpents de neige
Moi, j’aurai donné ma vie
Pour quelques arpents de neige
Oui ma vie au pays

Des sapins bleus
Des érables mouillés
Me verront m’en aller
Disparaître quelque part
Quelque part sous la neige
Quelque part par ici
Mon ami je te dis
Je te dis que l’on vit
Peu de temps
Que le temps
De quelques arpents

Mon pays Paroles et musique de Claude Léveillée, 1993

Mon pays c’est grand à se taire
C’est froid, c’est seul
C’est long à finir, à mourir
Entendez-vous les vents, les pluies, les neiges et les forêts ?
Mon pays quand il te parle
Tu n’entends rien tellement c’est loin… loin… loin… loin…
Entendez-vous les vents, les pluies, les neiges et les forêts ?

Dans mon pays, les gens se taisent
Endurent, apprennent
Et se cramponnent aux dures semaines
Entendez-vous les vents, les pluies, les neiges et les forêts ?

Et que veux-tu que je te dise de plus ?
Que mes pères au lieu de s’en aller s’instruire
Pour survivre se devaient de construire
Et que maintenant arrachent et fracassent
Arbre et nature
Pour au plus vite s’inscrire dans le bien-vivre

Dans mon pays les gens se taisent…

Claude Léveillée est un grand homme de la chanson : auteur-compositeur, il a donné à la chanson en langue française certains de ses plus beaux textes, et certaines de ses plus émouvantes musiques. Né le 16 octobre 1952 à Montréal, il entreprend des études en sciences économiques, politiques et sociales à l’Université de Montréal ; pourtant, son entrée dans le monde de la chanson et du spectacle n’est pas vraiment une surprise, le milieu de son enfance ayant été marqué par une mère pianiste et un père ténor et maître de chapelle. Depuis 1955, Claude Léveillée mena de front les carrières de musicien, de comédien et d’auteur compositeur interprète : spectacles à l’Université de Montréal, au Petit théâtre de poche Anjou, à La Roulotte de la Ville de Montréal, passage à la télévision nationale pour laquelle il créa le personnage de Clo-Clo, dans le cadre de l’émission « Domino » ; il joue également à la Comédie canadienne dans Les oiseaux de lune, de Marcel Aymé. En 1959, avec quelques chansonniers québécois, il fonda le groupe des Bozos. C’est là qu’il fut pris au vol et emmené en France, à Paris, par Edith Piaf, pour qui il composa Le vieux piano, Boulevard du Crime, Ouragan, La vie et Le long des quais et Kiosque à journeaux. À son retour, en 61, il rencontre un autre grand chansonnier québécois, Gilles Vigneault, avec lequel il commence une collaboration de laquelle sortira plus d’une demi-douzaine de chansons. Il est le premier chansonnier québécois à se produire seul à la Place des Arts en 1964. Entre 1964 et 1968, il compose de nombreuses chansons, pas moins de sept comédies musicales ; il s’occupe aussi de musique de films, met en musique des contes, des récits,… Il fit de nombreuses tournées au Canada, en France, en Belgique, en Suisse, en URSS, au Japon et en Pologne. Dernièrement, il a subi deux accidents cardio-vasculaire en 2004, et est actuellement paralysé du côté gauche. Après plus de 8 mois passé à l’hôpital, il a pu rejoindre sa maison, grâce à une assistance à domicile – par ailleurs fort couteuse (il n’a pas perdu de son sens politique, au sens noble du terme, et se bat aujourd’hui pour une meilleure prise en charge des soins à domicile au Québec ; pour les intéressés, voir ). Auteur compositeur interprète comédien et musicien, pour ceux qui voudraient plus de détails sur ce fascinant artiste, voir et .

Ah ! Et, pour terminer, ne pas oublier non plus:

Les îles blanches Paroles et musique de Claude Léveillée, 1995

On ne saura jamais si les îles pleurent
Quand elles sont seules
On ne saura jamais si la neige rêve
Quand elle s’endort
On ne saura jamais si l’homme est une île
Quand il est seul
On ne saura jamais si la neige pleure
Quand l’amour meurt
Sur une île (…)


Jan 20 2007

GA BU ZO MEU

shadock

Il y a déjà quelques années, un assistant (L. C.) et un étudiant (votre humble serviteur) de l’Université de Calvin, lors d’un cours d’introduction à la logique au Moyen Âge, avaient décidé de faire une place d’honneur à l’humour – toujours présent dans la philosophie médiévale – et d’intéresser ainsi les étudiants non seulement à la théorie de la suppositio, mais aussi au latin… tâche qui s’est malheureusement révélée un cuisant échec. Je vous laisse juge de notre tentative comique:

Incipit doctrina logicae colorum magistri Felidoco Dicitur colum omne instrumentum secundum tria rationes divisibile id est partes interiores exteriores et cavos Communiter collocatur interior pars super exteriorem componiturque ex aqua et pastis Nota quod cavi non opportent Experientia enim simplex licet concipere qualitates instrumenti hujus non transmutari reducendo dimidu cavorum numerum nec hoc dimidium dimidu etc usque ad cavorum evanescionem totalem Unde sequitur theorema quod coli ratio a cavi ratione non determinatur et e converso Coli primi ordinis dicuntur qui retinent et aquam et pastas Secundi ordinis ex quis et aqua et pastae effluunt Tertii ordinis sive complexum colum est hoc ex quo aliquando aquam vel pastas effluunt aliquandoque non Ut e colo complexo aqua sed non pastae effluat requiritur et sufficit cavorum demetientem lineam notabiliter minorem eae pastarum esse Ut vero e colo complexo pastae sed non aqua effluant requiritur et sufficit demetientem lineam cavorum notabiliter minorem illae aquae esse Sed de colis primi ordinis qui nec pastas nec aquam retinent sciendum quod duo sunt species Una ex qua nec pastae nec aqua una vel alia rectione effluunt et aliae qua nec aqua nec pastae una sola rectione et non alia effluunt Isti vocantur coli communiter cacabi Et notandum quod tria sunt cacaborum genera primus cum cauda dextra secundus cum cauda senestra tertius sine cauda totaliter Isti cacabi vero plaustri vocantur Rusrsus plaustrorum triplex est divisio dextre rotans senestre rotans et rotans neutroque Isti autem cacabi nominantur Sed tria cacborum sunt rationes Hic explicit magistri Felidoco doctrina aeterna colorum sive cacaborum vel plaustrorum Haec doctrina a bacc I L universitate helvetica calvinissima decisione jocativa post libationem gastronicam collatur Amen.

Pour ceux qui voudraient avoir l’original en version française, vous devriez la trouver .

Merci à Jacques Rouxel, Claude Piéplu et Robert Cohen-Solal pour les Shadoks.


Jan 19 2007

The fool

Some, after reading the About page in my blog, were pointing – truthfully – at the fact that my so called not-so-BIG questions are in fact general-important-questions about the world and myself, and the small-questions-that-are-BIG are particular-important-questions about the same subject, but they are both BIG, and so must be both answered here. I’ll plead guilty as charged; but I also just want to make my point clear: I think that very often (meaning almost all the time) the questions we find important are not the general ones, but the small ones, as they have a direct impact on our daily life, and often an annoying one; that doesn’t mean that general questions are not important. So I will handle first and mainly the particular ones, but will also consider – sometimes – the others.

There are also those who were quite deceived by me relying on the Monty Python’s Meaning of Life to answer the not-so-BIG questions, arguing that they don’t answer those questions, but only mock them. Agree, but not completely. In a way, they give some answers, right at the end: ” Uh, try and be nice to people, avoid eating fat, read a good book every now and then, get some walking in, and try and live together in peace and harmony with people of all creeds and nations”. They just show what I was trying to write down: important questions are not prima facie the general ones as Why are we here? What’s life all about? but those little ones which are so practical. So, if you want a complement to the Monty Python’s way of life, just remember King Lear’s fool:

king lear

Have more than thou showest,
Speak less than thou knowest,
Lend less than thou owest,
Ride more than thou goest,
Learn more than thou trowest,
Set less than thou throwest;
Leave thy drink and thy whore
And keep in-a-door,
And thou shalt have more
Than two tens to a score.
Thanks to Shakespeare

See you


Jan 19 2007

Nobilitas

Qu’est-ce qu’il a à nous em****** avec ces histoires de lacets celui-là ? Qu’est-ce qu’il a à nous regarder de haut, et à oser penser qu’une question vestimentaire peut dépasser en intensité une question tant fondamentale que celle de l’existence de l’être suprême ! Quel snob !
Voilà déjà le genre de commentaires auxquels ma candeur est confrontée. Si je m’en prend à vous du haut de mes 1m87 pour vous parler de chaussures, ce n’est certainement pas pour raser les pâquerettes. Quant à me soupçonner de snobisme… quoique… dépend ce que l’on entend par snob.

Si l’on entend par snob sa définition courante actuelle – provenant fort probablement du livre de Thackeray, The Book of Snobs, publié en 1848 -, soit une personne qui admire et imite sans discernement les manières et les modes en usage dans les milieux distingués, je pense que personne n’osera avouer qu’en manière de lacet les aristos sont rois, pas plus du fait de ma fort peu probable imitation.

Si l’on revient un peu en arrière dans le temps et qu’on comprend par snob une personne de basse condition – sens dont les premières occurrences semblent remonter à 1831 et que l’on soutient parfois de l’étymologie fantaisiste, proposée après coup, de s(ine) nob(ilitate) – je me vois dans l’obligation de plaider coupable ; mais étant donné que la Suisse n’a jamais connu ni la monarchie ni l’aristocratie, seule la noblesse de coeur y a sa place ; et je ne pense pas que je puisse être ainsi mesuré au cardiogramme des lacets.

Si l’on remonte encore en arrière, jusqu’en 1796, où snob désignait à Cambridge les personnes ne faisant pas partie de l’Université, je ne peux être qu’innocent de toute charge, étant pour ma plus grande joie, membre de l’Alma Mater.

Si l’on en vient au sens premier de snob, connu en 1781, il désignait… le cordonnier ou l’apprenti-savetier.

De quoi retourner à nos affaires de chaussures et mettre un point final à la discussion. En effet, il y a de la noblesse dans les chaussures !

weston